jawad zairi intervieuw
Revenons sur ces deux dernières années, depuis cette fameuse CAN 2004. Le public découvrait un joueur talentueux promis à un avenir tout tracé. Que s'est-il passé ?
C'est vrai qu'après cette coupe d'Afrique, il s'est passé beaucoup de choses. Beaucoup de personnes ont commencé à parler de moi comme une future star du football. Et j'avoue que cela m'a un peu perturbé. L'attitude du FC Sochaux y a également été pour quelque chose. Je pense que les dirigeants du club ont abusé de leur position. Vu que j'avais encore des années de contrat avec eux, ils ont préféré faire monter les enchères. L'année dernière, je devais finir au sein de l'Olympique Lyonnais. J'avais rencontré Gérard Houiller et discuté avec Bernard Lacombe (ndlr : respectivement entraîneur et directeur sportif de l'OL). C'était du concret. Tout se passait bien et il était prévu que je rejoigne le club cette saison. Mais quand les dirigeants du FC Sochaux ont reçu la proposition de l'Ittihad de Jeddah, ils ont écarté celle de l'OL. Ils ont préféré encaisser plus d'argent, sans se soucier de l'évolution de ma carrière. C'est assez compréhensible, mais ils auraient pu me donner ma chance. Mais hamdoullah, je n'ai pas à me plaindre. Je me dis qu'après les moments difficiles, il y en aura forcément des plus heureux. Et pour ce qui est du retour en sélection, je reste confiant. Je sais qu'un jour ou l'autre, je finirai par retrouver ma place au sein de l'équipe nationale.
Vote célébrité soudaine vous a-t-elle fait prendre la grosse tête ?
Du tout. Je n'ai pas pris la grosse tête. Ce qui m'a perturbé, c'est qu'on me voie comme une sorte de héros alors qu'en fait, j'avais encore tout à prouver. Il y a deux ans de cela, je recevais des appels et des propositions de partout. Cela m'a un peu tourné la tête, pas plus. J'ai été sollicité par des agents, qui m'ont promis monts et merveilles, mais jamais rien de concret. Ils me voyaient d'abord comme une source potentielle d'argent, comme une opportunité à saisir. J'étais, c'est vrai, un peu naïf. Mais cela m'a au moins servi à mûrir et à apprendre à reconnaître mes vrais amis. À faire le ménage dans mon entourage et de me consacrer à l'essentiel. Et l'essentiel aujourd'hui, c'est ma carrière sportive.